Discussion:
[39-45] Armée française 1943-1945 - 5. Campagne d'Alsace-Lorraine
(trop ancien pour répondre)
Jacqueline Devereaux
2004-05-08 09:52:19 UTC
5. Campagne d'Alsace-Lorraine.

Paris libéré le 25 août 1944, les Alliés sont à la poursuite des troupes
allemandes en déroute, fortement éprouvées par le désastre de Falaise
(qui leur a coûté presque le double d'hommes qu'à Stalingrad).

Le 2 septembre 1944, Dieppe tombe presque sans coup férir, belle
revanche pour les Canadiens 2 ans après leur raid désastreux. Toutefois,
Le Havre résiste avant de crouler sous les bombes -11000 tonnes
déversées! Boulogne, Calais, enfin débarassés des rampes de lancement
des V1, vont tomber à leur tour. Les Britanniques entrent
victorieusement en Belgique, délivrent Bruxelles le 3 septembre 1944.

Les Américains sont sur la Moselle le 11 septembre, Nancy est libére
le 15 septembre.

La 2ème Division blindée française, intégrée au 15ème Corps US de la
3ème Armée US et placée à l'extrême droite du dispositif allié, est
envoyée vers Langres pour faire sa jonction avec la 1ère Armée
française de de Lattre de Tassigny, qui remonte du Midi. C'est que les
troupes françaises débarquées en Méditerranée n'ont pas perdu de
temps et sont même en avance sur le planning initial. Tandis que la 5ème
Division blindée française occupe le col de la Faucille, dans la Jura
oriental, la 1ère DFL pénètre le 3 septembre 1944 dans Lyon, que les
Allemands ont évacué.

Partout, les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), soit isolément,
soit en corps constitués, apportent un précieux concours. Leur action
est parfois déterminante, comme dans la reddition de l'arrière-garde de
la 1ère armée allemande, laquelle gardait de Hendaye à la Loire, la côte
atlantique.

Laissant sur place des îlots, des "poches", dans les ports de la côte,
puissamment défendus mais sans grand espoir de sortie pour leur
garnison, la dernière unité allemande à évacuer le littoral cherche à
son tour la fuite par le nord et le nord-est, avant que les armées
alliées débarquées en Provence ne se joignent à celles de Normandie.

Le gros des troupes allemandes, en dépit des harcèlements de la
Résistance et de l'aviation alliée, atteint Dijon. Cependant, le
"Kampfgruppe" (Groupe de combat) Bauer et surtout le "groupement
temporaire à pied sud" du général Elster ont pris du retard malgré leur
désir ardent de rejoindre l'Allemagne. Ils constituent une grave menace
pour le flanc gauche de l'Armée-B de de Lattre de Tassigny, qui remonte
le long de la Saône.

Aussi, détourne-t-il dans la direction d'Autun un détachement comprenant
entre autres le 2ème Régiment de Dragons. A Paray-le-Monial, le 7
septembre 1944, le 2ème Dragons rencontre les éléments avancés de la
"Division Légère de Toulouse" du Colonel Redon, partie du "Groupement
Mobile des FFI du Sud-Ouest" ou colonne Schneider. Au cours de durs
combats, sur une ligne de front discontinue, c'est l'action conjuguée
des troupes d'Afrique du nord et des FFI (corps Franc Pommiès entre
autres) qui permettra l'anéantissement du Kampgruppe Bauer, estimé à
5000 hommes.

Plus à l'ouest, dans le bec de l'Allier, les FFI de la "Division Légère
d'Auvergne", auront encore raison des 20000 Allemands de la colonne
Elster.

Le 12 septembre 1944, a lieu la jonction de la 2ème Division blindée
française avec les éléments de la 1ère DFL.

Dès lors, est définitivement assurée la liaison entre les forces qui
viennent du nord avec celles qui arrivent du sud, placées désormais sous
le commandement unique du général américain Eisenhower, commandant en
chef des Forces Expéditionnaires Alliées en Europe. A ce moment-là, les
Alliés connaissent encore de rapides succès.

Le 11 septembre 1944, la frontière allemande est franchie pour la 1ère
fois au nord de Trèves par le 5ème Corps de la 1ère Armée US.

Le 15 septembre 1944, dans le secteur de la 1ère Armée US, le 7ème Corps
est aux portes d'Aix-la-Chapelle (Aachen), à la frontière, à la
frontière allemande.

L'Armée-B est renommée officiellement "1ère Armée française", sous les
ordres du général de Lattre de Tassigny.

Constitution des 1er et 2ème Corps français:

- 1er Corps (général Béthouart): 2ème DIM (Division d'infanterie
marocaine), 4ème DMM (Division marocaine de montagne), 9ème DIC
(Division d'infanterie coloniale) et 1ère Division blindée.

- 2ème Corps (général de Monsabert): 3ème DIA (Division d'infanterie
algérienne), 1ère DFL (Division française libre) et 5ème Division
blindée.

La situation globale sur le front occidental à ce jour est la suivante:

Depuis le 6 juin, les Alliés ont débarqué 2 millions de soldats en
Normandie. 40000 d'entre-eux sont morts au combat.

Dans le même temps, les pertes allemandes ont été catastrophiques.
700000 hommes de la Wehmacht et des défenses côtières, tués, blessés ou
prisonniers.

Exception faite de quelques lambeaux de territoire à la frontière
allemande et sur la côte, la Belgique et le Grand-duché de Luxembourg
sont désormais totalement libérés.

Sur le front allié qui s'étend d'Ostende, sur la côte de la Mer du Nord,
à Epinal, à l'ouest de Colmar, via Anvers, Maastricht, Thionville, Metz
et Nancy, les Allemands mettent en ligne, du nord au sud, les
Heeresgruppen (Groupes d'armées) B, G et du Rhin Supérieur.

* Le Heeresgruppe B (maréchal Model) se compose des:

- 15ème Armée du général von Zengen, dans la région des Polders, sur la
Meuse et le Waal (Bas-Rhin).

- 1ère Armée de parachutiste du général d'aviation Student, dans le
Reichswald et la région de Venlo-Roermond.

- 7ème Armée du général Bradenberger, qui défend le Westwall (ligne
Siegfried) entre la Ruhr et Trèves.

* Le Heeresgruppe G (général Blaskowitz) se compose des:

- 1ère Armée du général Knobelsdorff, de Trèves à Nancy,

- 5ème Panzerarmee (Armée blindée) du général von Manteuffel, de Nancy à
Epinal.

* Le Heeresgruppe du Rhin Supérieur (Himmler):

- 19ème Armée (général Wiese), entre Epinal et la frontière suisse.

En face, les Alliés, sous le commandement en chef du général Dwight D.
Eisenhower, mettent en ligne, du nord au sud:

* Le XXIème Groupe d'armées alliées (maréchal Bernard L. Montgomery):

- la 1ère Armée canadienne du général Crerar (1er Corps britannique,
2ème Corps canadien), sur la côte belge, la rive sud de l'estuaire de
l'Escaut jusqu'à Anvers,

- la 2ème Armée britannique du général Dempsey (8ème, 30ème et 12ème
Corps britanniques), qui longe la frontière belgo-hollandaise, le long
du canal Meuse-Escaut, d'Anvers à Maastricht.

* Le XIIème Groupe d'armées alliées (général Omar N. Bradley):

- la 1ère Armée US du général Hodges (19ème, 7ème et 5ème Corps US)
dans la province de Liège et le nord du Grand-duché de Luxembourg, de
Maastricht à Trèves, via Aix-la-Chapelle,

- (à partir du 22 septembre) la 9ème Armée US du général Simpson (8ème
Corps US) dans le sud du Grand-duché de Luxembourg, sur la Moselle, de
Trèves à Thionville,

- la 3ème Armée US du général Patton (20ème, 12ème et 15ème Corps US)
dans le Nord-est de la France, sur la Moselle, de Thionville à Epinal.

* VIème Groupe d'armées alliées (général Devers):

- la 7ème Armée US du général (6ème Corps US), dans la région de Dijon,

- la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny, dans la
région de Mulhouse-Belfort jusqu'à la frontière suisse.

le 16 septembre 1944, à la frontière belge, la ligne Siegfried est
percée à Aix-la-Chapelle par la 1ère Division d'infanterie du 7ème Corps
US.

Au même moment, les Russes atteignent la Vistule.

Le 17 septembre 1944, c'est l'opération "Market-Garden", opération
terrestre et aéroportée ayant pour objectif de s'emparer des ponts
d'Arnhem et de Nimègue, sur la Meuse et le Rhin. L'opération sera
finalement un échec total pour les Alliés.

Dans les Vosges, les Allemands se sont également ressaisis, sûr d'y
trouver une ligne de défense naturelle. Ils établissent des positions
défensives successives pour interdire les routes et les crêtes. La ligne
de défense pré-Vosgienne et la ligne Vosgienne, bloque la trouée de
Saverne.

Les ordres du Haut-Commandement allemand sont de tenir coûte que coûte,
à n'importe quel prix, dans l'espoir insensé de gagner du temps. Ses
troupes de l'ouest, qui en sont à leur 3ème commandant en chef en moins
de 2 mois, ont au moins un avantage, celui d'être près de leur base,
l'Allemagne n'étant plus qu'à une centaine de km.

Les Alliés, en revanche, connaissent des difficultés croissantes de
ravitaillement, en essence principalement. Le ravitaillement de la
population française, plus particulièrement parisienne, pose d'énormes
problèmes de logistique et commence à avoir des répercutions sur le
Front. Ils ont, en outre, besoin de souffler un peu après avoir parcouru
plus de 600 km depuis la Normandie sans cesser de livrer combat (les
lignes de ravitaillement sont allongées au maximum).

L'Allemagne mobilise ses dernières ressources pour renforcer son Front
de l'Ouest et conserver la partie du sol français qu'elle occupe encore,
la Poche de Colmar.

Hitler incorpore désormais les jeunes Allemands à partir de 16 ans, puis
procède à la levée en masse des hommes valides jusqu'à 60 ans
(Volkssturm).

La 1ère Armée française, composée de ses 1er et 2ème Corps,
respectivement sous les ordres des généraux Bethouart et de
Monsabert, parvenue en Alsace, commence à se regrouper face à la
trouée de Belfort, en vue d'engager la bataille finalement pour la
libération de l'Alsace. Elle a à sa gauche la 7ème Armée US,
qui tend à se porter sur le nord, obligeant de Lattre de Tassigny
à étendre son propre dispositif.

Les Alliés préparent une grande offensive en direction du Rhin. Elle
consiste à attaquer sur les voies d'invasion conduisant en Allemagne.

Face à 78 divisions allemandes, dont 5 panzer, les Alliés déploient
désormais 3 millions d'hommes, chiffre extraordinaire, mais il y a
650km de front, de la Hollande à la Suisse.

L'attaque débute le 8 novembre 1944 dans de conditions atmosphériques
épouvantables. Les Américains établissent plusieurs têtes de pont au
delà de la Moselle et parviennent même à dépasser la frontière
allemande. Metz tombe le 22 mais les forts ne seront définitivement
réduits que le 13 décembre.

L'offensive de la 1ère Armée française est déclenchée le 14 novembre
1944. Une semaine après, le Rhin est atteint.

Belfort, où s'illustrent les commandos de France, est libéré en même
temps que Mulhouse qui voit à l'oeuvre les blindés de la 1ère Division
blindée du général du Vigier. La percée ainsi réalisée culbute les
positions allemandes dans les Vosges. C'est l'occasion pour la 7ème
Armée US d'avancer sur Sarrebourg, pris le 21.

Les blindés de la 2ème Division blindée, mise à disposition du 15ème
Corps de la 7ème Armée US, percent au delà de Saverne, foncent dans
la plaine d'Alsace et, le 23 novembre, Leclerc entre triomphalement
dans Strasbourg, respectant ainsi son célèbre serment prêté dans
l'oasis de Koufra. Après Trèves et la 1ère Armée US, le Rhin est
atteint une seconde fois.

La période qui suit voit de nouveaux succès alliés; les Américains
s'emparent de Sarreguemines, de Forbach, Sélestat, entrent à Haguenau.
Mais les troupes alliées sont fatiguées, la météo toujours détestable et
l'hiver s'installe. L'ennemi, lui, durcit sa résistance. Il doit
toutefois céder Dannemarie aux troupes françaises, auxquelles il cause
des pertes terribles: 1300 tués, 4500 blessés. A l'issue de ces durs et
difficiles combats où les 2 corps français ont été engagés, la
Haute-Alsace est libérée jusqu'à Masevaux.

Mais entre la 7ème Armée US, au nord, et la 1ère Armée française, au
sud, les Allemands repliés des Vosges se sont organisés autour de
Colmar. Ils forment une vaste poche défensive qu'ils sont résolus à
défendre jusqu'au bout. Renforcée de la 2ème Division blindée française
et de la 36ème Division d'infanterie US, la 1ère Armée française de de
Lattre de Tassigny commence son offensive contre Colmar le 20 janvier
1945, sous une tempête de neige épouvantable.

Les Tirailleurs et les Spahis marocains réalisent de véritables
prouesses malgré la crue des rivières, les champs de mines et surtout la
réaction violente des Allemands. Les troupes françaises piétinent dans
la boue et le froid. Partout ailleurs, les Alliés sont immobilisés par
les chutes de neiges.

En campagne depuis 4 mois, épuisés par les combats et par les conditions
climatiques, les troupes françaises originaires d'Afrique du nord et
d'Afrique Noire sont complètement usées et n'en peuvent plus.

Le Commandement français procède alors à ce qui est communément appelé
"le blachiment". Les pertes subies par les troupes africaines sont
complétées ou remplacées par des éléments venus des FFI, qui n'ont pas
encore l'expérience du front mais sont mieux adaptés aux combats
d'hiver. C'est le mérite, après avoir été son souci, du général de
Lattre de Tassigny d'avoir réalisé la cohabitation, sous un même
drapeau, des divisions de l'armée d'Afrique et des FFI venus pour la
plupart des maquis avec leurs chefs et leurs armes.

Dans les faits, ce mélange est fort complexe et délicat. Il y avait des
questions de grades, de chefs que les nouveaux venus entendaient
conserver, de mentalité, d'éducation militaire qui laissaient souvent à
désirer dans les FFI. La synthèse s'est donc réalisée progressivement.
En février 1945, l'intégration des FFI sera une réalité; avec les
formations issues de la Résistance sont reconstitués des régiments par
emprunt au répertoire historique des corps de l'Armée française. C'est
ainsi qu'aux soldats venus de l'Empire colonial français (qui représente
les trois quarts de l'Armée française), s'y ajoutèrent 137000 hommes
provenant de la France métropolitaine.

Aucun n'est de trop, compte tenu des évènements qui vont s'accélérer.
Alors que les Alliés marquent le pas à peu près partout sur le front de
l'Ouest, l'Allemagne se prépare à frapper un grand coup. Hitler veut
offrir une victoire à son armée et à son peuple, en attendant la mise en
service d'hypothètiques armes secrètes.

Le 16 décembre 1944, le Heeresgruppe (groupe d'armées) B de von
Rundstedt lance une violente offensive dans les Ardennes Belges.
L'attaque débouche par temps de brouillard, avec des moyens
considérables, sur un terrain enneigé, peu propice aux opérations
d'envergure. Les Américains sont totalement surpris. L'intention des
Allemands est de percer brusquement leurs lignes en direction de Liège
et Dinant, sur la Meuse, de couper le front allié en deux et de séparer
les armées britanniques et canadiennes des Américains, puis finalement
d'atteindre Anvers, le plus important port de ravitaillement allié. Ils
pourront alors se déployer vers le sud et vers le nord pour détruire les
unes après les autres les forces alliées dissociées.

L'opération Wacht am Rhein ("Garde au Rhin") débute dans l'enthousiasme
mais aussi dans le désordre. Pour en conserver le secret au maximum, les
commandants de grandes unités n'ont été mis au courant que 2 ou 3 jours
avant. Quant aux exécutants, ils ne savent pas toujours où ils sont et
encore moins où ils vont.

En 10 jours, les Allemands ne réussissent à progresser que de 70km,
ils parviennent à 3km de la Meuse, où ils sont stoppés par le 30ème
Corps britannique. Les Américains se ressaisissent vigoureusement.
Les éclaircies dans le ciel permettent à leur aviation d'intervenir en
pilonnant les troupes allemandes qui sont définitivement stoppées,
puis refoulées jusqu'à leur base de départ.

Le 26 janvier 1945, le saillant allemande dans les Ardennes belges est
définitivement éliminé.

Entre temps il y a le "drame de Strasbourg". A peine l'offensive
allemande en Belgique est-elle jugulée que plusieurs divisions
allemandes attaquent, le 31 décembre 1944, les lignes américaines au
nord de Strasbourg que défend au sud la 1ère Armée française.

Sans attendre, le général Eisenhower donne l'ordre à la 7ème armée US,
qui, avec la 1ère Armée française, forme le VIème Groupe d'Armées
alliées, de se replier promptement sur les Vosges et d'abandonner
Strasbourg.

Mais le général de Gaulle proteste énergiquement auprès du
Haut-Commandement allié, soutenu par Winston Churchill. Le chef du
Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) réussit
finalement à faire fléchir Eisenhower, qui modifie les ordres donnés.

La 7ème armée US ne doit plus, en effet, se replier que sous la pression
de l'ennemi. Mais déjà pour parer au danger d'une intrusion allemande,
de Lattre de Tassigny a fait entrer les Algériens de la 3ème DIA dans la
capitale alsacienne, remplacée dans les Vosges par la 10ème Division
d'infanterie française du général Billotte. Les Allemands sont bien
décidés à reprendre Strasbourg. Ayant repassé le Rhin, ils parviennent à
20km de la ville.

Le 7 janvier 1945, les Allemands déclenchent l'attaque générale contre
Strasbourg. Les Américains encaissent le choc et tiennent bon, ainsi que
les troupes françaises des 2ème Division blindée, 1ère DFL et 3ème DIA,
renforcées de la brigade Alsace-Lorraine d'André Malraux.

Attaques et contre-attaques se succèdent.

Les Allemands s'acharnent et gagnent petit à petit du terrain jusqu'à
parvenir à Wantzenau, aux portes de Strasbourg. Ils sont finalement
refoulés par les Tirailleurs algériens et un Combat Command (CC) de la
2ème Division blindée.

Cependant, payant d'audace, de Lattre de Tassigny malgré une situation
plus que critique, décide de s'en prendre quand même à la poche de
Colmar, où les Allemands tiennent toujours bon. Il a l'assentiment des
Américains qui lui fournissent en plus une division d'infanterie.

Le 20 janvier 1945, le 1er Corps français du général Bethouard, par un
temps abominable, donne l'assaut entre Thann et Mulhouse, au sud de
Colmar.

Le 22, le 2ème Corps français du Général de Monsabert attaque à son tour
au nord de la poche.

Après d'âpres combats, la ville est prise le 2 février 1945, à peu près
intacte. Le général de Gaulle vient lui-même féliciter les vainqueurs.

Les troupes françaises et américaines s'empressent d'exploiter la
percée. Cernay, Soultz, Guebviller, Rouffach, Neuf-Brisach, Fessenheim
sont enlevés. La poche de Colmar est nettoyée. 2137 tués et 11253
blessés sont le prix de la victoire de Colmar.

Mais la 19ème Armée allemande du général Wiese, qui s'était reformée
après sa retraite du sud de la France, est complètement anéantie. Elle
laisse 20000 prisonniers derrière elle.

On note qu'est intervenu dans la bataille le 1er Corps aérien français,
aux côtés de la 2nd US Tactical Air Force.

Au nord de Strasbourg, malgré leurs efforts désespérés, les Allemands
cèdent de plus en plus de terrain.

Le 31 janvier 1945, ils abandonnent Gambsheim où ils avaient établi leur
première tête de pont. Strasbourg, soulagé du nord au sud, grâce à
l'offensive française contre Colmar, est sauvé.

Une nouvelle opération, menée de concert par la 1ère Armée française et
la 7ème Armée US, permet de s'emparer de la région de Haguenau le 17
mars 1945. Le lendemain, les troupes françaises libèrent les derniers
villages alsaciens. Les Américains leur ont laissé cet honneur qui
illustre la fraternité d'armes franco-américaine.

Côté allemand, rien ne va plus: c'est la désillusion et le
découragement. L'année 1944 et le début 1945 ne leur a apporté que
des défaites. Rien que sur le front de l'Ouest, la Whermacht a
perdu en 8 mois d'opérations 1.5 million d'hommes.

Sur le front soviétique, rien ne peut plus arrêter le rouleau
compresseur Russe. Varsovie tombe, la Prusse Orientale est envahie,
les rives de la Baltique atteintes, Budapest et Vienne capitulent, les
Soviétiques parviennent aux portes de Berlin.

---
Sources: http://freefrench.free.fr
http://livresdeguerre.free.fr/forum/sujet.php?sujet=234
http://www.memoire-net.org/local/spahis/spahi1.html
--
Jacqueline "Jade" Devereaux - ***@tiscali.be
Lois S.N.A.F.U. (Situation Normal All Fucked Up):
- "Toute tartine beurrée livrée à elle-même tombera du côté beurré."
- "Plus on est confiant dans sa capacité à dominer une machine,
plus on passe pour un(e) con(ne) quand ça foire."
--
Bubulle
2004-05-08 23:00:14 UTC
Post by Jacqueline Devereaux
5. Campagne d'Alsace-Lorraine.
Paris libéré le 25 août 1944, les Alliés sont à la poursuite des troupes
allemandes en déroute, fortement éprouvées par le désastre de Falaise
(qui leur a coûté presque le double d'hommes qu'à Stalingrad).
Le 2 septembre 1944, Dieppe tombe presque sans coup férir, belle
revanche pour les Canadiens 2 ans après leur raid désastreux. Toutefois,
Le Havre résiste avant de crouler sous les bombes -11000 tonnes
déversées! Boulogne, Calais, enfin débarassés des rampes de lancement
des V1, vont tomber à leur tour. Les Britanniques entrent
victorieusement en Belgique, délivrent Bruxelles le 3 septembre 1944.
Les Américains sont sur la Moselle le 11 septembre, Nancy est libére
le 15 septembre.
La 2ème Division blindée française, intégrée au 15ème Corps US de la
3ème Armée US et placée à l'extrême droite du dispositif allié, est
envoyée vers Langres pour faire sa jonction avec la 1ère Armée
française de de Lattre de Tassigny, qui remonte du Midi. C'est que les
troupes françaises débarquées en Méditerranée n'ont pas perdu de
temps et sont même en avance sur le planning initial. Tandis que la 5ème
Division blindée française occupe le col de la Faucille, dans la Jura
oriental, la 1ère DFL pénètre le 3 septembre 1944 dans Lyon, que les
Allemands ont évacué.
Partout, les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), soit isolément,
soit en corps constitués, apportent un précieux concours. Leur action
est parfois déterminante, comme dans la reddition de l'arrière-garde de
la 1ère armée allemande, laquelle gardait de Hendaye à la Loire, la côte
atlantique.
Laissant sur place des îlots, des "poches", dans les ports de la côte,
puissamment défendus mais sans grand espoir de sortie pour leur
garnison, la dernière unité allemande à évacuer le littoral cherche à
son tour la fuite par le nord et le nord-est, avant que les armées
alliées débarquées en Provence ne se joignent à celles de Normandie.
Le gros des troupes allemandes, en dépit des harcèlements de la
Résistance et de l'aviation alliée, atteint Dijon. Cependant, le
"Kampfgruppe" (Groupe de combat) Bauer et surtout le "groupement
temporaire à pied sud" du général Elster ont pris du retard malgré leur
désir ardent de rejoindre l'Allemagne. Ils constituent une grave menace
pour le flanc gauche de l'Armée-B de de Lattre de Tassigny, qui remonte
le long de la Saône.
Aussi, détourne-t-il dans la direction d'Autun un détachement comprenant
entre autres le 2ème Régiment de Dragons. A Paray-le-Monial, le 7
septembre 1944, le 2ème Dragons rencontre les éléments avancés de la
"Division Légère de Toulouse" du Colonel Redon, partie du "Groupement
Mobile des FFI du Sud-Ouest" ou colonne Schneider. Au cours de durs
combats, sur une ligne de front discontinue, c'est l'action conjuguée
des troupes d'Afrique du nord et des FFI (corps Franc Pommiès entre
autres) qui permettra l'anéantissement du Kampgruppe Bauer, estimé à
5000 hommes.
Plus à l'ouest, dans le bec de l'Allier, les FFI de la "Division Légère
d'Auvergne", auront encore raison des 20000 Allemands de la colonne
Elster.
Le 12 septembre 1944, a lieu la jonction de la 2ème Division blindée
française avec les éléments de la 1ère DFL.
Dès lors, est définitivement assurée la liaison entre les forces qui
viennent du nord avec celles qui arrivent du sud, placées désormais sous
le commandement unique du général américain Eisenhower, commandant en
chef des Forces Expéditionnaires Alliées en Europe. A ce moment-là, les
Alliés connaissent encore de rapides succès.
Le 11 septembre 1944, la frontière allemande est franchie pour la 1ère
fois au nord de Trèves par le 5ème Corps de la 1ère Armée US.
Le 15 septembre 1944, dans le secteur de la 1ère Armée US, le 7ème Corps
est aux portes d'Aix-la-Chapelle (Aachen), à la frontière, à la
frontière allemande.
L'Armée-B est renommée officiellement "1ère Armée française", sous les
ordres du général de Lattre de Tassigny.
- 1er Corps (général Béthouart): 2ème DIM (Division d'infanterie
marocaine), 4ème DMM (Division marocaine de montagne), 9ème DIC
(Division d'infanterie coloniale) et 1ère Division blindée.
- 2ème Corps (général de Monsabert): 3ème DIA (Division d'infanterie
algérienne), 1ère DFL (Division française libre) et 5ème Division
blindée.
Depuis le 6 juin, les Alliés ont débarqué 2 millions de soldats en
Normandie. 40000 d'entre-eux sont morts au combat.
Dans le même temps, les pertes allemandes ont été catastrophiques.
700000 hommes de la Wehmacht et des défenses côtières, tués, blessés ou
prisonniers.
Exception faite de quelques lambeaux de territoire à la frontière
allemande et sur la côte, la Belgique et le Grand-duché de Luxembourg
sont désormais totalement libérés.
Sur le front allié qui s'étend d'Ostende, sur la côte de la Mer du Nord,
à Epinal, à l'ouest de Colmar, via Anvers, Maastricht, Thionville, Metz
et Nancy, les Allemands mettent en ligne, du nord au sud, les
Heeresgruppen (Groupes d'armées) B, G et du Rhin Supérieur.
- 15ème Armée du général von Zengen, dans la région des Polders, sur la
Meuse et le Waal (Bas-Rhin).
- 1ère Armée de parachutiste du général d'aviation Student, dans le
Reichswald et la région de Venlo-Roermond.
- 7ème Armée du général Bradenberger, qui défend le Westwall (ligne
Siegfried) entre la Ruhr et Trèves.
- 1ère Armée du général Knobelsdorff, de Trèves à Nancy,
- 5ème Panzerarmee (Armée blindée) du général von Manteuffel, de Nancy à
Epinal.
- 19ème Armée (général Wiese), entre Epinal et la frontière suisse.
En face, les Alliés, sous le commandement en chef du général Dwight D.
- la 1ère Armée canadienne du général Crerar (1er Corps britannique,
2ème Corps canadien), sur la côte belge, la rive sud de l'estuaire de
l'Escaut jusqu'à Anvers,
- la 2ème Armée britannique du général Dempsey (8ème, 30ème et 12ème
Corps britanniques), qui longe la frontière belgo-hollandaise, le long
du canal Meuse-Escaut, d'Anvers à Maastricht.
- la 1ère Armée US du général Hodges (19ème, 7ème et 5ème Corps US)
dans la province de Liège et le nord du Grand-duché de Luxembourg, de
Maastricht à Trèves, via Aix-la-Chapelle,
- (à partir du 22 septembre) la 9ème Armée US du général Simpson (8ème
Corps US) dans le sud du Grand-duché de Luxembourg, sur la Moselle, de
Trèves à Thionville,
- la 3ème Armée US du général Patton (20ème, 12ème et 15ème Corps US)
dans le Nord-est de la France, sur la Moselle, de Thionville à Epinal.
- la 7ème Armée US du général (6ème Corps US), dans la région de Dijon,
- la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny, dans la
région de Mulhouse-Belfort jusqu'à la frontière suisse.
le 16 septembre 1944, à la frontière belge, la ligne Siegfried est
percée à Aix-la-Chapelle par la 1ère Division d'infanterie du 7ème Corps
US.
Au même moment, les Russes atteignent la Vistule.
Le 17 septembre 1944, c'est l'opération "Market-Garden", opération
terrestre et aéroportée ayant pour objectif de s'emparer des ponts
d'Arnhem et de Nimègue, sur la Meuse et le Rhin. L'opération sera
finalement un échec total pour les Alliés.
Dans les Vosges, les Allemands se sont également ressaisis, sûr d'y
trouver une ligne de défense naturelle. Ils établissent des positions
défensives successives pour interdire les routes et les crêtes. La ligne
de défense pré-Vosgienne et la ligne Vosgienne, bloque la trouée de
Saverne.
Les ordres du Haut-Commandement allemand sont de tenir coûte que coûte,
à n'importe quel prix, dans l'espoir insensé de gagner du temps. Ses
troupes de l'ouest, qui en sont à leur 3ème commandant en chef en moins
de 2 mois, ont au moins un avantage, celui d'être près de leur base,
l'Allemagne n'étant plus qu'à une centaine de km.
Les Alliés, en revanche, connaissent des difficultés croissantes de
ravitaillement, en essence principalement. Le ravitaillement de la
population française, plus particulièrement parisienne, pose d'énormes
problèmes de logistique et commence à avoir des répercutions sur le
Front. Ils ont, en outre, besoin de souffler un peu après avoir parcouru
plus de 600 km depuis la Normandie sans cesser de livrer combat (les
lignes de ravitaillement sont allongées au maximum).
L'Allemagne mobilise ses dernières ressources pour renforcer son Front
de l'Ouest et conserver la partie du sol français qu'elle occupe encore,
la Poche de Colmar.
Hitler incorpore désormais les jeunes Allemands à partir de 16 ans, puis
procède à la levée en masse des hommes valides jusqu'à 60 ans
(Volkssturm).
La 1ère Armée française, composée de ses 1er et 2ème Corps,
respectivement sous les ordres des généraux Bethouart et de
Monsabert, parvenue en Alsace, commence à se regrouper face à la
trouée de Belfort, en vue d'engager la bataille finalement pour la
libération de l'Alsace. Elle a à sa gauche la 7ème Armée US,
qui tend à se porter sur le nord, obligeant de Lattre de Tassigny
à étendre son propre dispositif.
Les Alliés préparent une grande offensive en direction du Rhin. Elle
consiste à attaquer sur les voies d'invasion conduisant en Allemagne.
Face à 78 divisions allemandes, dont 5 panzer, les Alliés déploient
désormais 3 millions d'hommes, chiffre extraordinaire, mais il y a
650km de front, de la Hollande à la Suisse.
L'attaque débute le 8 novembre 1944 dans de conditions atmosphériques
épouvantables. Les Américains établissent plusieurs têtes de pont au
delà de la Moselle et parviennent même à dépasser la frontière
allemande. Metz tombe le 22 mais les forts ne seront définitivement
réduits que le 13 décembre.
L'offensive de la 1ère Armée française est déclenchée le 14 novembre
1944. Une semaine après, le Rhin est atteint.
Belfort, où s'illustrent les commandos de France, est libéré en même
temps que Mulhouse qui voit à l'oeuvre les blindés de la 1ère Division
blindée du général du Vigier. La percée ainsi réalisée culbute les
positions allemandes dans les Vosges. C'est l'occasion pour la 7ème
Armée US d'avancer sur Sarrebourg, pris le 21.
Les blindés de la 2ème Division blindée, mise à disposition du 15ème
Corps de la 7ème Armée US, percent au delà de Saverne, foncent dans
la plaine d'Alsace et, le 23 novembre, Leclerc entre triomphalement
dans Strasbourg, respectant ainsi son célèbre serment prêté dans
l'oasis de Koufra. Après Trèves et la 1ère Armée US, le Rhin est
atteint une seconde fois.
La période qui suit voit de nouveaux succès alliés; les Américains
s'emparent de Sarreguemines, de Forbach, Sélestat, entrent à Haguenau.
Mais les troupes alliées sont fatiguées, la météo toujours détestable et
l'hiver s'installe. L'ennemi, lui, durcit sa résistance. Il doit
toutefois céder Dannemarie aux troupes françaises, auxquelles il cause
des pertes terribles: 1300 tués, 4500 blessés. A l'issue de ces durs et
difficiles combats où les 2 corps français ont été engagés, la
Haute-Alsace est libérée jusqu'à Masevaux.
Mais entre la 7ème Armée US, au nord, et la 1ère Armée française, au
sud, les Allemands repliés des Vosges se sont organisés autour de
Colmar. Ils forment une vaste poche défensive qu'ils sont résolus à
défendre jusqu'au bout. Renforcée de la 2ème Division blindée française
et de la 36ème Division d'infanterie US, la 1ère Armée française de de
Lattre de Tassigny commence son offensive contre Colmar le 20 janvier
1945, sous une tempête de neige épouvantable.
Les Tirailleurs et les Spahis marocains réalisent de véritables
prouesses malgré la crue des rivières, les champs de mines et surtout la
réaction violente des Allemands. Les troupes françaises piétinent dans
la boue et le froid. Partout ailleurs, les Alliés sont immobilisés par
les chutes de neiges.
En campagne depuis 4 mois, épuisés par les combats et par les conditions
climatiques, les troupes françaises originaires d'Afrique du nord et
d'Afrique Noire sont complètement usées et n'en peuvent plus.
Le Commandement français procède alors à ce qui est communément appelé
"le blachiment". Les pertes subies par les troupes africaines sont
complétées ou remplacées par des éléments venus des FFI, qui n'ont pas
encore l'expérience du front mais sont mieux adaptés aux combats
d'hiver. C'est le mérite, après avoir été son souci, du général de
Lattre de Tassigny d'avoir réalisé la cohabitation, sous un même
drapeau, des divisions de l'armée d'Afrique et des FFI venus pour la
plupart des maquis avec leurs chefs et leurs armes.
Dans les faits, ce mélange est fort complexe et délicat. Il y avait des
questions de grades, de chefs que les nouveaux venus entendaient
conserver, de mentalité, d'éducation militaire qui laissaient souvent à
désirer dans les FFI. La synthèse s'est donc réalisée progressivement.
En février 1945, l'intégration des FFI sera une réalité; avec les
formations issues de la Résistance sont reconstitués des régiments par
emprunt au répertoire historique des corps de l'Armée française. C'est
ainsi qu'aux soldats venus de l'Empire colonial français (qui représente
les trois quarts de l'Armée française), s'y ajoutèrent 137000 hommes
provenant de la France métropolitaine.
Aucun n'est de trop, compte tenu des évènements qui vont s'accélérer.
Alors que les Alliés marquent le pas à peu près partout sur le front de
l'Ouest, l'Allemagne se prépare à frapper un grand coup. Hitler veut
offrir une victoire à son armée et à son peuple, en attendant la mise en
service d'hypothètiques armes secrètes.
Le 16 décembre 1944, le Heeresgruppe (groupe d'armées) B de von
Rundstedt lance une violente offensive dans les Ardennes Belges.
L'attaque débouche par temps de brouillard, avec des moyens
considérables, sur un terrain enneigé, peu propice aux opérations
d'envergure. Les Américains sont totalement surpris. L'intention des
Allemands est de percer brusquement leurs lignes en direction de Liège
et Dinant, sur la Meuse, de couper le front allié en deux et de séparer
les armées britanniques et canadiennes des Américains, puis finalement
d'atteindre Anvers, le plus important port de ravitaillement allié. Ils
pourront alors se déployer vers le sud et vers le nord pour détruire les
unes après les autres les forces alliées dissociées.
L'opération Wacht am Rhein ("Garde au Rhin") débute dans l'enthousiasme
mais aussi dans le désordre. Pour en conserver le secret au maximum, les
commandants de grandes unités n'ont été mis au courant que 2 ou 3 jours
avant. Quant aux exécutants, ils ne savent pas toujours où ils sont et
encore moins où ils vont.
En 10 jours, les Allemands ne réussissent à progresser que de 70km,
ils parviennent à 3km de la Meuse, où ils sont stoppés par le 30ème
Corps britannique. Les Américains se ressaisissent vigoureusement.
Les éclaircies dans le ciel permettent à leur aviation d'intervenir en
pilonnant les troupes allemandes qui sont définitivement stoppées,
puis refoulées jusqu'à leur base de départ.
Le 26 janvier 1945, le saillant allemande dans les Ardennes belges est
définitivement éliminé.
Entre temps il y a le "drame de Strasbourg". A peine l'offensive
allemande en Belgique est-elle jugulée que plusieurs divisions
allemandes attaquent, le 31 décembre 1944, les lignes américaines au
nord de Strasbourg que défend au sud la 1ère Armée française.
Sans attendre, le général Eisenhower donne l'ordre à la 7ème armée US,
qui, avec la 1ère Armée française, forme le VIème Groupe d'Armées
alliées, de se replier promptement sur les Vosges et d'abandonner
Strasbourg.
Mais le général de Gaulle proteste énergiquement auprès du
Haut-Commandement allié, soutenu par Winston Churchill. Le chef du
Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) réussit
finalement à faire fléchir Eisenhower, qui modifie les ordres donnés.
La 7ème armée US ne doit plus, en effet, se replier que sous la pression
de l'ennemi. Mais déjà pour parer au danger d'une intrusion allemande,
de Lattre de Tassigny a fait entrer les Algériens de la 3ème DIA dans la
capitale alsacienne, remplacée dans les Vosges par la 10ème Division
d'infanterie française du général Billotte. Les Allemands sont bien
décidés à reprendre Strasbourg. Ayant repassé le Rhin, ils parviennent à
20km de la ville.
Le 7 janvier 1945, les Allemands déclenchent l'attaque générale contre
Strasbourg. Les Américains encaissent le choc et tiennent bon, ainsi que
les troupes françaises des 2ème Division blindée, 1ère DFL et 3ème DIA,
renforcées de la brigade Alsace-Lorraine d'André Malraux.
Attaques et contre-attaques se succèdent.
Les Allemands s'acharnent et gagnent petit à petit du terrain jusqu'à
parvenir à Wantzenau, aux portes de Strasbourg. Ils sont finalement
refoulés par les Tirailleurs algériens et un Combat Command (CC) de la
2ème Division blindée.
Cependant, payant d'audace, de Lattre de Tassigny malgré une situation
plus que critique, décide de s'en prendre quand même à la poche de
Colmar, où les Allemands tiennent toujours bon. Il a l'assentiment des
Américains qui lui fournissent en plus une division d'infanterie.
Le 20 janvier 1945, le 1er Corps français du général Bethouard, par un
temps abominable, donne l'assaut entre Thann et Mulhouse, au sud de
Colmar.
Le 22, le 2ème Corps français du Général de Monsabert attaque à son tour
au nord de la poche.
Après d'âpres combats, la ville est prise le 2 février 1945, à peu près
intacte. Le général de Gaulle vient lui-même féliciter les vainqueurs.
Les troupes françaises et américaines s'empressent d'exploiter la
percée. Cernay, Soultz, Guebviller, Rouffach, Neuf-Brisach, Fessenheim
sont enlevés. La poche de Colmar est nettoyée. 2137 tués et 11253
blessés sont le prix de la victoire de Colmar.
Mais la 19ème Armée allemande du général Wiese, qui s'était reformée
après sa retraite du sud de la France, est complètement anéantie. Elle
laisse 20000 prisonniers derrière elle.
On note qu'est intervenu dans la bataille le 1er Corps aérien français,
aux côtés de la 2nd US Tactical Air Force.
Au nord de Strasbourg, malgré leurs efforts désespérés, les Allemands
cèdent de plus en plus de terrain.
Le 31 janvier 1945, ils abandonnent Gambsheim où ils avaient établi leur
première tête de pont. Strasbourg, soulagé du nord au sud, grâce à
l'offensive française contre Colmar, est sauvé.
Une nouvelle opération, menée de concert par la 1ère Armée française et
la 7ème Armée US, permet de s'emparer de la région de Haguenau le 17
mars 1945. Le lendemain, les troupes françaises libèrent les derniers
villages alsaciens. Les Américains leur ont laissé cet honneur qui
illustre la fraternité d'armes franco-américaine.
Côté allemand, rien ne va plus: c'est la désillusion et le
découragement. L'année 1944 et le début 1945 ne leur a apporté que
des défaites. Rien que sur le front de l'Ouest, la Whermacht a
perdu en 8 mois d'opérations 1.5 million d'hommes.
Sur le front soviétique, rien ne peut plus arrêter le rouleau
compresseur Russe. Varsovie tombe, la Prusse Orientale est envahie,
les rives de la Baltique atteintes, Budapest et Vienne capitulent, les
Soviétiques parviennent aux portes de Berlin.
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Sources: http://freefrench.free.fr
http://livresdeguerre.free.fr/forum/sujet.php?sujet=234
http://www.memoire-net.org/local/spahis/spahi1.html
--
- "Toute tartine beurrée livrée à elle-même tombera du côté beurré."
- "Plus on est confiant dans sa capacité à dominer une machine,
plus on passe pour un(e) con(ne) quand ça foire."
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Y'en a marre du S P A M !!!!!!!!!!!
Faîtes-la taire, baîllonez-la, baîllonez-la !!!!!!!!!!!
Bubulle
2004-05-09 17:12:06 UTC
Y'en a marre du SPAM !