Discussion:
Les Incas en Polynésie?
(trop ancien pour répondre)
Christian Navis
2006-05-29 07:06:41 UTC
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Etant quelque peu spécialiste du sujet ;-)
Je relance un fil de mars 2006, auquel je n'avais pas eu le temps
de répondre :

Un mythe recueilli par deux chroniqueurs espagnols du XVIème siècle,
rapporte les exploits du légendaire Topa Inca, conquérant de Chimu.
Celui-ci aurait organisé une expédition maritime de 500 radeaux qui,
après avoir navigué cap à l'Ouest, serait revenue 2 ans plus tard
avec des esclaves de couleur foncée et beaucoup de produits inconnus.

Une légende recueillie en Polynésie, sur l'île de Mangareva,
confirme l'histoire puisqu'elle parle d'un chef guerrier cruel
appelé Tupa, venu de l'est sur des embarcations jamais vues et
qui serait reparti après avoir mis l'île à sac.

Cette expédition ne fut pas unique. Plus tard selon d'autres légendes
incas, un grand prince Tupac Yupanki, futur sixième inca, serait
parti vers l'Ouest à son tour avec une centaine de bateaux afin de
vérifier si les terres décrites par les Chimus existaient bien.
Il en serait revenu plusieurs années après sur un autre bateau
avec des hommes étranges qui remirent ensuite le cap à l'Ouest
pour rentrer chez eux.

A cela s'ajoutent des ressemblances troublantes entre les cultes
solaires et lunaires des Amérindiens et ceux des Rapa Nui, dont
fait clairement état Behrens, l'historiographe de Roggeveen.
Behrens décrit aussi un grand temple avec d'imposantes terrasses
de pierres sur lesquelles reposaient des colonnes monumentales.
Les vestiges d'une salle hypostyle ? En tout cas, une construction
apparemment disproportionnée par rapport à la taille de l'île
et au nombre de ses habitants.
Depuis, ce monument infiniment plus imposant que tous les maraés
et ahus traditionnels a été transformé en carrière et laborieusement
anéanti...

Ainsi Thor Heyerdahl avait-il quelques bonnes raisons de faire
construire le Kon Tiki, un grand radeau en balsa, réplique des plus
antiques embarcations péruviennes, afin de vérifier ses intuitions.
Propulsé par des voiles carrées, avec un équipage de six hommes,
ce radeau partit de Callao, au Pérou, le 28 avril 1947.
Malgré diverses avaries, quelques grosses peurs et un réel inconfort,
le Kon Tiki atteignit l'île de Raroia dans l'archipel des Tuamotu
en Polynésie après 101 jours de mer.
Bien que le radeau se fut abîmé sur le récif, les hommes étaient tous
vivants.

En 1955, Heyerdahl entreprit une autre expédition en direction de
l'île de Pâques.
Les archéologues qui accompagnaient le savanturier découvrirent que
des ahus (plate-formes) supportant certaines gigantesques statues,
les Mohaïs, possédaient une partie souterraine.
A l'intérieur de l'une d'entre elles, les fouilles mirent à jour
une embarcation de papyrus avec un mât bipode et une voile ressemblant
aux nefs de l'ancienne Egypte, dont semblent inspirés les bateaux
du lac Titicaca.

Dans la cavité explorée, l'assemblage minutieux des moellons soudés
par les concrétions témoignait d'une extrême ancienneté de la
construction, selon une technique propre aux bâtisseurs de Cuzco.
Tandis que les glyphes très érodés relevés sur les parois affichaient
des caractéristiques scripturales tout à fait différentes des rongo rongos,
les écritures pascuanes.
Une autre civilisation était passée par là avant les Maoris!

L'expédition découvrit également dans des grottes jusqu'alors
inexplorées des statuettes de type inhabituel pour Rapa Nui,
dont le style rappelait des artéfacts trouvés dans des tombes
en Amérique du sud.
L'existence d'une civilisation pré-maorie, dont parlent les légendes
locales, trouvait là un commencement de preuve matérielle.
Tupac Yupanki n'était peut-être pas le premier visiteur venu de l'Est!

Après le succès du Kon Tiki, Heyerdahl n'en resta pas là.
En 1953, il mena une nouvelle expédition archéologique dans l'archipel
des Galapagos, à 600 milles à l'Ouest des côtes de l'Equateur.
Il y mit à jour sur différents sites, une quantité importante
de tessons de poteries incontestablement originaires de l'Amérique
du Sud précolombienne. Des vestiges formellement authentifiés par
les experts du Smithsonian Institute, le plus éminent laboratoire
archéologique du monde en matière de poteries amérindiennes.
Cela prouvait que cet archipel n'avait pas toujours été désert
comme lors de sa redécouverte par les Européens.

Mais un point faible minait la théorie de Heyerdahl:
Le Kon Tiki était peu manoeuvrant, ce qui avait provoqué de gros
dommages sur les récifs à l'arrivée.
Aussi, à son retour des Galapagos, Heyerdahl fit-il une expérience
intéressante. Ils construisit un petit radeau de balsa et y plaça
six dérives, ou guaras, entre les troncs.
Les conquistadors avaient remarqué, les premiers, ces dérives sur
des esquifs d'Indios et en avaient fait des relations assez précises.
Et des pêcheurs côtiers locaux en avaient encore l'usage au milieu
du XXème siècle.
Grâce à ces appendices, le petit radeau devenait assez évolutif
pour manoeuvrer dans n'importe quelle direction et était même capable
de remonter un peu au vent.

Le côté aventure du Kon Tiki fit des émules et quelques imitateurs
réussirent, dans la proportion de huit sur dix, des traversées du Pérou
jusqu'en Polynésie, poussant même parfois jusqu'à l'Australie à bord
de radeaux de balsa construits selon les techniques péruviennes, ou
de bateaux en roseaux assemblés à la manière des esquifs du lac Titicaca.

Néanmoins la principale objection à la thèse des colonisateurs venus
de l'Est s'appuyait sur le langage car les analogies sémantiques entre
les langues polynésiennes et amérindiennes sont assez faibles.
Mais pas inexistantes comme le prétendent les historiens conventionnels.
Ainsi la patate douce se décline presque partout sur le vocable de "kumara"
autant chez les Amérindiens que chez les Océaniens.
Par ailleurs une des appellations de l'île de Pâques était "Cuzco"
ou le « nombril du monde ». Autre coïncidence linguistique.
Et ce n'est pas tout. Les murs cyclopéens soutenant les parcelles
cultivées, qui auraient été construits par des étrangers à l'île,
se disent « winiapus » ce qui en langue inca signifie « lieu du maïs
germé ».

Or, on a retrouvé des grains de maïs fossile sur l'île de Pâques.
Et la crypto-botanique a apporté une autre contribution à l'étude
des voyages transocéaniques entrepris bien avant les Incas :
une étude pollinique effectuée dans les marécages holocènes
de la région de Gunung Sewu à Java en Indonésie a mis en lumière
l'existence d'un pollen fossile de maïs vieux d'environ cinq mille ans!

Or le maïs comme la patate douce est originaire d'Amérique du Sud.
Même s'il semble s'être mal adapté, ou avoir été peu apprécié en
des temps anciens, puisqu'on n'en retrouve plus trace jusqu'à sa
réintroduction en Indonésie par les Portugais à la fin du XVIème
siècle, il n'est pas arrivé là tout seul !
--
*Mystérieuses Civilisations du Pacifique*
Photos et extraits du livre sur mon site :
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
Old Flanker
2006-05-29 08:43:43 UTC
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En Polynésien le môt "Tupa" veut dire "chef".
Christian Navis
2006-05-29 09:56:45 UTC
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Post by Old Flanker
En Polynésien le môt "Tupa" veut dire "chef".
Le terme le plus utilisé est "ariki" avec dans certains archipels
une forte connotation religieuse.
Ce désignant est rarement utilisé seul puisqu'il est de coutume
(là où ce n'est pas tabu) de le faire précéder du nom et d'une
partie de la lignée

Ceci étant, je préfère parler de langues polynésiennes au pluriel.
Car dans la seule branche malayso-polynésienne de l'austronésien
d'origine, le sous-groupe océanien compte 350 langues maories,
40 dialectes polynésiens et une vingtaine de parlers micronésiens.
Le Vanuatu détenant le record du monde de la plus forte densité
linguistique puisque plus de 100 langues y sont parlées par un peu
moins de 200.000 personnes.

--
http://christian.navis.free.fr/
Pierre Mancenillier
2006-05-30 01:49:11 UTC
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Post by Christian Navis
Le Vanuatu détenant le record du monde de la plus forte densité
linguistique puisque plus de 100 langues y sont parlées par un peu
moins de 200.000 personnes.
Vous etes sur que les langues parlees au Vanuatu sont des langues
austronesiennes?
c***@free.fr
2006-05-31 22:19:41 UTC
Permalink
Post by Pierre Mancenillier
Vous etes sur que les langues parlees au Vanuatu sont des langues
austronesiennes?
Pour être plus précis: Le Vanuatu est un musée vivant, fragile.
Il est hélas prévisible devant les avancées de l'anglais, du
français
et du pidgin, que les langues vernaculaires vont reculer encore et
celles qui ont une centaine de locuteurs ou moins finiront par
s'éteindre au cours de ce siècle.

Dans ces îles où les parlers polynésiens et mélanésiens
coexistent,
William Foley je crois a relevé des osmoses chez des Mélanésiens qui
ont introduit non seulement des mots austronésiens dans leur langage
mais surtout ont remplacé presque tout leur système intensif par
le redoublement nominal, ce qui crée véritablement des syntaxes
hybrides.

--
http://christian.navis.free.fr/
Apokrif
2006-06-03 16:14:15 UTC
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Post by Pierre Mancenillier
Vous etes sur que les langues parlees au Vanuatu sont des langues
austronesiennes?
On y parle bien sûr des langues non austronésiennes (anglais,
français, bichelamar), mais aussi des langues austronésiennes;
http://twingine.com/search.php?q=vanuatu+austron%C3%A9siennes&lang=
http://www.gnurou.org/Writing/SmartQuestionsFr
http://www.ethnologue.com/show_country.asp?name=Vanuatu

deindephilosophare
2006-05-30 21:15:40 UTC
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Bravo pour ton exposé si bien écrit et si intéressant
Au sujet du petit fils de Thor:
Olav Heyerdahl à bord du radeau Tangaroa affronte le Pacifique

Olav Heyerdahl, petit-fils de l'explorateur norvégien Thor
Heyerdahl, a repris la quête devenue mythique de son grand-père qui
avec cinq hommes d'équipage, avait traversé le Pacifique à bord du
radeau Kon-Tiki en reliant l'Amérique du Sud à la Polynésie en 1947,
pour prouver une conquête des américains pré-colombiens dans le
Pacifique. Olav Heryerdahl, âgé de 29 ans, lui aussi avec cinq hommes
d'équipage sur un radeau en bois de balsa, le Tangaroa, affrontera le
Pacifique .

Le site sur Olav : http://pub.tv2.no/nettavisen/friluftsliv/tangaroa/
Christian Navis
2006-05-31 08:54:22 UTC
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Post by deindephilosophare
Bravo pour ton exposé si bien écrit et si intéressant
Ah! Enfin quelqu'un qui a bon goût! ;-)
Post by deindephilosophare
Olav Heyerdahl à bord du radeau Tangaroa affronte le Pacifique
Il n'est pas question de minimiser l'aventure maritime que cela représente
mais je regrette un peu que cela n'ait, jusqu'à présent, guère dépassé
la portée d'un évènement médiatique.

Car derrière ce genre d'"exploit" il y a un wagon de théories nouvelles
susceptibles de bousculer tout ce qu'on croit savoir du primo-peuplement
des Amériques, de la chronologie et de l'expansion des proto IE au delà
du Tarim, et de l'occupation des archipels du Pacifique avec des migrations
dans les 2 sens: E => W et W => E.
Ce grand océan ayant pu être, à certaines périodes, non une barrière
infranchissable isolant les civilisations comme on me l'a enseigné, mais
bien au contraire un gigantesque carrefour de cultures dès les temps
proto-historiques.
--
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
c***@wanadoo.fr
2006-05-31 12:09:21 UTC
Permalink
A propos de ton site
je n'ai pas trouvé un email pour communiquer avec toi sur la home page
Ne suis pas dégourdi
+++
Post by Christian Navis
--
*Mystérieuses Civilisations du Pacifique*
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
--
*Mystérieuses Civilisations du Pacifique*
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
Christian Navis
2006-05-31 13:33:41 UTC
Permalink
Post by c***@wanadoo.fr
A propos de ton site
je n'ai pas trouvé un email pour communiquer avec toi sur la home page
Sur la page index, je le donne mais avec le FAI en verlan
Je t'envoie un mail.
--
http://christian.navis.free.fr/
P@lp@tine
2006-05-31 12:55:32 UTC
Permalink
Post by Christian Navis
Etant quelque peu spécialiste du sujet ;-)
Je relance un fil de mars 2006, auquel je n'avais pas eu le temps
Un mythe recueilli par deux chroniqueurs espagnols du XVIème siècle,
rapporte les exploits du légendaire Topa Inca, conquérant de Chimu.
Celui-ci aurait organisé une expédition maritime de 500 radeaux qui,
après avoir navigué cap à l'Ouest, serait revenue 2 ans plus tard
avec des esclaves de couleur foncée et beaucoup de produits inconnus.
Une légende recueillie en Polynésie, sur l'île de Mangareva,
confirme l'histoire puisqu'elle parle d'un chef guerrier cruel
appelé Tupa, venu de l'est sur des embarcations jamais vues et
qui serait reparti après avoir mis l'île à sac.
Cette expédition ne fut pas unique. Plus tard selon d'autres légendes
incas, un grand prince Tupac Yupanki, futur sixième inca, serait
parti vers l'Ouest à son tour avec une centaine de bateaux afin de
vérifier si les terres décrites par les Chimus existaient bien.
Il en serait revenu plusieurs années après sur un autre bateau
avec des hommes étranges qui remirent ensuite le cap à l'Ouest
pour rentrer chez eux.
A cela s'ajoutent des ressemblances troublantes entre les cultes
solaires et lunaires des Amérindiens et ceux des Rapa Nui, dont
fait clairement état Behrens, l'historiographe de Roggeveen.
Behrens décrit aussi un grand temple avec d'imposantes terrasses
de pierres sur lesquelles reposaient des colonnes monumentales.
Les vestiges d'une salle hypostyle ? En tout cas, une construction
apparemment disproportionnée par rapport à la taille de l'île
et au nombre de ses habitants.
Depuis, ce monument infiniment plus imposant que tous les maraés
et ahus traditionnels a été transformé en carrière et laborieusement
anéanti...
Ainsi Thor Heyerdahl avait-il quelques bonnes raisons de faire
construire le Kon Tiki, un grand radeau en balsa, réplique des plus
antiques embarcations péruviennes, afin de vérifier ses intuitions.
Propulsé par des voiles carrées, avec un équipage de six hommes,
ce radeau partit de Callao, au Pérou, le 28 avril 1947.
Malgré diverses avaries, quelques grosses peurs et un réel inconfort,
le Kon Tiki atteignit l'île de Raroia dans l'archipel des Tuamotu
en Polynésie après 101 jours de mer.
Bien que le radeau se fut abîmé sur le récif, les hommes étaient tous
vivants.
En 1955, Heyerdahl entreprit une autre expédition en direction de
l'île de Pâques.
Les archéologues qui accompagnaient le savanturier découvrirent que
des ahus (plate-formes) supportant certaines gigantesques statues,
les Mohaïs, possédaient une partie souterraine.
A l'intérieur de l'une d'entre elles, les fouilles mirent à jour
une embarcation de papyrus avec un mât bipode et une voile ressemblant
aux nefs de l'ancienne Egypte, dont semblent inspirés les bateaux
du lac Titicaca.
Dans la cavité explorée, l'assemblage minutieux des moellons soudés
par les concrétions témoignait d'une extrême ancienneté de la
construction, selon une technique propre aux bâtisseurs de Cuzco.
Tandis que les glyphes très érodés relevés sur les parois affichaient
des caractéristiques scripturales tout à fait différentes des rongo rongos,
les écritures pascuanes.
Une autre civilisation était passée par là avant les Maoris!
L'expédition découvrit également dans des grottes jusqu'alors
inexplorées des statuettes de type inhabituel pour Rapa Nui,
dont le style rappelait des artéfacts trouvés dans des tombes
en Amérique du sud.
L'existence d'une civilisation pré-maorie, dont parlent les légendes
locales, trouvait là un commencement de preuve matérielle.
Tupac Yupanki n'était peut-être pas le premier visiteur venu de l'Est!
Après le succès du Kon Tiki, Heyerdahl n'en resta pas là.
En 1953, il mena une nouvelle expédition archéologique dans l'archipel
des Galapagos, à 600 milles à l'Ouest des côtes de l'Equateur.
Il y mit à jour sur différents sites, une quantité importante
de tessons de poteries incontestablement originaires de l'Amérique
du Sud précolombienne. Des vestiges formellement authentifiés par
les experts du Smithsonian Institute, le plus éminent laboratoire
archéologique du monde en matière de poteries amérindiennes.
Cela prouvait que cet archipel n'avait pas toujours été désert
comme lors de sa redécouverte par les Européens.
Le Kon Tiki était peu manoeuvrant, ce qui avait provoqué de gros
dommages sur les récifs à l'arrivée.
Aussi, à son retour des Galapagos, Heyerdahl fit-il une expérience
intéressante. Ils construisit un petit radeau de balsa et y plaça
six dérives, ou guaras, entre les troncs.
Les conquistadors avaient remarqué, les premiers, ces dérives sur
des esquifs d'Indios et en avaient fait des relations assez précises.
Et des pêcheurs côtiers locaux en avaient encore l'usage au milieu
du XXème siècle.
Grâce à ces appendices, le petit radeau devenait assez évolutif
pour manoeuvrer dans n'importe quelle direction et était même capable
de remonter un peu au vent.
Le côté aventure du Kon Tiki fit des émules et quelques imitateurs
réussirent, dans la proportion de huit sur dix, des traversées du Pérou
jusqu'en Polynésie, poussant même parfois jusqu'à l'Australie à bord
de radeaux de balsa construits selon les techniques péruviennes, ou
de bateaux en roseaux assemblés à la manière des esquifs du lac Titicaca.
Néanmoins la principale objection à la thèse des colonisateurs venus
de l'Est s'appuyait sur le langage car les analogies sémantiques entre
les langues polynésiennes et amérindiennes sont assez faibles.
Mais pas inexistantes comme le prétendent les historiens conventionnels.
Ainsi la patate douce se décline presque partout sur le vocable de "kumara"
autant chez les Amérindiens que chez les Océaniens.
Par ailleurs une des appellations de l'île de Pâques était "Cuzco"
ou le « nombril du monde ». Autre coïncidence linguistique.
Et ce n'est pas tout. Les murs cyclopéens soutenant les parcelles
cultivées, qui auraient été construits par des étrangers à l'île,
se disent « winiapus » ce qui en langue inca signifie « lieu du maïs
germé ».
Or, on a retrouvé des grains de maïs fossile sur l'île de Pâques.
Et la crypto-botanique a apporté une autre contribution à l'étude
une étude pollinique effectuée dans les marécages holocènes
de la région de Gunung Sewu à Java en Indonésie a mis en lumière
l'existence d'un pollen fossile de maïs vieux d'environ cinq mille ans!
Or le maïs comme la patate douce est originaire d'Amérique du Sud.
Même s'il semble s'être mal adapté, ou avoir été peu apprécié en
des temps anciens, puisqu'on n'en retrouve plus trace jusqu'à sa
réintroduction en Indonésie par les Portugais à la fin du XVIème
siècle, il n'est pas arrivé là tout seul !
--
*Mystérieuses Civilisations du Pacifique*
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
Je ne suis¨PAS DU TOUT specialiste du sujet .
Il existe au Bresil et en Amerique Latine une école "
Americanocentriste " sur l'origine des peuples Amerindiens suite aux
decouvertes de Pedara Furada

Elle connait actuellement un regain de popularité avec les elections
de presidents comme Hugo Chavez au Venezuela , Evo Morales en Bolivie
et la présence au second tour d'Ollanta Humala au Perou .
On comprend pourquoi !
http://www.cabrillo.edu/~crsmith/pedrafurada.html

L'hypothese d' Incas " indigènes " , propagateurs de la civilisation
Amerindienne dans le Pacifique seduit beaucoup d'universitaires en
Bolivie et au Perou qui se retrouvent aujourd'hui parmis les
supporters de Morales ou Humala .
Christian Navis
2006-05-31 17:52:02 UTC
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Post by ***@lp@tine
L'hypothese d' Incas " indigènes " , propagateurs de la civilisation
Amerindienne dans le Pacifique seduit beaucoup d'universitaires en
Bolivie et au Perou qui se retrouvent aujourd'hui parmis les
supporters de Morales ou Humala .
L'objet du post que j'ai relancé était la possibilité de contacts entre
Incas et Maoris, et j'ai répondu "oui" sans hésitation.
Mais si l'on élargit le débat, alors je crains qu'on ne passe d'un extrème
à l'autre.
On a commencé par traiter de farfelus les ethnologues des années 30
qui relevaient des similitudes entre cultures océaniennes et amérindiennes,
en ce qui concerne les architectures et certains artéfacts.
Puis dans les années 50, on a essayé de faire passer Heyerdahl pour
un escroc avide de publicité, le voyage du Kon Tiki ne prouvant rien...
Et aujourd'hui, on instrumentalise une théorie des migrations à travers
le Pacifique pour en faire la dernière mode américano-tiersmondiste.

Mais pour les hommes de terrain qui ont passé des années sur les sites,
ont comparé une quantité énorme de données et ont recueilli
les paroles de la tradition là où c'était encore possible, le "tout-inca"
parait aussi éloigné de la vérité que le "tout-austronésien" qu'on doit
encore enseigner dans quelques facs en France.
Les Austronésiens ayant, soit dit en passant, largement dépassé le stade
d'un néolithique tardif comme on l'a longtemps prétendu, leurs connaissances
astronomiques nécessaires à la navigation en témoignent.

La réalité me paraît infiniment plus complexe et je situe ma réflexion et
mes hypothèses au carrefour de l'anthropologie et de l'ethnologie, dans
une dynamique transdisciplinaire où j'appelle quelques sciences exactes
à la rescousse (astronomie, géologie, botanique, thermoluminescence,etc)
De là, je crois discerner un enchevêtrement de peuples et de cultures,
empilés, juxtaposés, mélangés sur plusieurs milliers d'années, des côtes
du Chili à celles de Madagascar...
Avec parfois de grands intervalles d'autarcie, voire de longues périodes
complètement vides d'habitants.
Les relations Polynésie<=>Amérique du Sud s'étant répétées dans
les 2 sens et à des époques différentes.
--
Mystérieuses civilisations du Pacifique
Un livre, un site, et du travail pour des générations de chercheurs :
http://christian.navis.free.fr/Pacifique
Pierre Mancenillier
2006-05-31 15:25:28 UTC
Permalink
"Christian Navis" <***@friture.fr> wrote

snip snip snip snip

Il n'y a aucune affinite entre les langues austronesiennes
du Pacifique et les langues amerindiennes du Perou,
Equateur, Bolivie, Chili anciens.

L'argument definitif entre d'hypothetiques rapports cote est de
l'Amerique du Sud et la Polynesie serait des etudes genetiques
entre l'ADN des uns et des autres.

Au surplus pourquoi les Incas plutot que d'autres peuples /empires
sud americains?

Le phenomene inca est tardif et bien posterieur au peuplement des
iles oceaniennes en general, lequel peuplement s'est fait a partir de
l'Asie ainsi que le prouvent la paleontologie , la linguistique,
l'anthropologie, l'ethnographie, l'archeologie et meme la paleo-botanique.

La paleo-botanique et non la crypto-botanique soit dit en passant. :-)

L'ethnographie et tous les domaines enumeres precedemment
regorgent de faits etonnants, de coincidences troublantes et de
mysteres authentiques sans qu'on en invente de toutes pieces des
supplementaires.

Evidemment quand on considere le sort fait en France a une
institution de renommee mondiale, le Musee de l'Homme,
il ne faut pas s'etonner de certaines derives de l'imagination
populaire.

Le peuplement de Madagascar n'a rien de mysterieux, apres
au moins un siecle et demi de travaux sur la question, le
"mystere" s'est dissipe depuis longtemps.
c***@free.fr
2006-05-31 22:27:49 UTC
Permalink
Post by Pierre Mancenillier
Evidemment quand on considere le sort fait en France a une
institution de renommee mondiale, le Musee de l'Homme,
il ne faut pas s'etonner de certaines derives de l'imagination
populaire.
C'est moins le manque de crédits que le conformisme des "chercheurs"
français qui a engourdi le musée de l'homme et les sciences qui
gravitent autour.
On ne fait pas avancer une discipline en affirmant de façon
péremptoire:
"Tout a été démontré, il n'y a plus rien à ajouter, ceux qui
veulent
modifier le dogme sont des insensés que nous préférons ignorer..."

Ceci dit, mieux vaut avoir de l'imagination populaire que pas
d'imagination du tout!
Post by Pierre Mancenillier
Le peuplement de Madagascar n'a rien de mysterieux, apres
au moins un siecle et demi de travaux sur la question, le
"mystere" s'est dissipe depuis longtemps.
J'envie vos certitudes péremptoires.
Moi, je ne fais qu'avancer des hypothèses...

--
http://christian.navis.free.fr/
deindephilosophare
2006-06-03 13:02:41 UTC
Permalink
Le propre d'une hypothèse est de ne pas être une certitude avérée
et prouvée scientifiquement.

Christian Navis exprime une hypothèse. Elle est respectable.
Classer a priori Thor Heyerdahl et aujourd'hui son petit-fils Olav de
mystificateurs insensés ou de malades mentaux parce qu'ils sont des
passionnés censure a priori une appréciation d'éléments objectifs.

Les récits d'Orellana, découvreur du fleuve Amazone, sur les
populations qui auraient habité sur les rives du fleuve lors de son
passage, puis qui auraient disparu avant l'arrivée de nouvelles
expéditions, qui n'ont donc pas confirmé ... sont suspects
aujourd'hui. Le dogme implicite: il n'y a jamais eu de civilisation
amazonienne pré- colombienne.

Sans avoir de certitude, on peut se pencher sur les résultats des
recherches dur la terra preta, sur la découverte d'une implantation
inca sur les rives du fleuve Mameria en 1979 par
Nicole et Herbert Caratagena, par les analyses de la paroi de Pusharo
par Thierry Jamin ...
A défaut de preuve, il y a des faisceaux de présomption. Qu'il
convient de relever, de confronter et d'analyser avec rigueur.
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