Discussion:
[39-45] 16-17 juillet 1942 - France: raffles du Vel'd'Hiv
(trop ancien pour répondre)
Mara Jade Skywalker
2008-07-16 16:10:24 UTC
Permalink
16-17 juillet 1942 - Raffles du Vel'd'Hiv -

France. A l'aube du 16 juillet 1942, début des raffles du "Vel'd'Hiv'".

9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.

Seuls 30 d'entre-eux survivront aux camps de la mort nazis.

Dérisoirement surnommée par les Allemands opération "Vent printannier",
la grande rafle dite "du Vel'd'Hiv'", les 16 et 17 juillet 1942 à Paris,
fut l'épisode le plus tragique de la collaboration entre Vichy
et le Troisième Reich, et un des épisodes les plus sombres
de l'Histoire de France.

En 1995, 53 ans après les faits, le président Jacques Chirac
reconnaissait officiellement la responsabilité de l'Etat français.
Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale,
le plus haut représentant de la République prononçait un "nostra culpa"
dépourvu de toute ambiguïté: "Oui, la folie criminelle de l'occupant
a été secondée par des Français, secondée par l'Etat français.
"Oui, "la France, terre d'accueil, accomplissait ce jour l'irréparable.
Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux".
Et la France d'aujourd'hui, poursuivait le chef de l'Etat, conserve
à l'égard des déportés juifs "une dette imprescriptible".

Les propos de Jacques Chirac survenaient moins d'un an après que
le précédent président, François Mitterrand, eut brutalement rejeté
toute idée de reconnaissance des responsabilités de l'Etat français
entre 1940 et 1944 dans la machine à discriminer, à persécuter
et à éliminer les Juifs français: "Je ne ferai pas d'excuses
au nom de la France. La République n'a rien à voir avec cela."

Et pourtant, c'était bien un gouvernement français, investi par
un Parlement français, qui décréta des lois françaises antijuives
en France. C'était bien des préfets français, ou des secrétaires
généraux de préfecture français, responsables des questions juives
en France, comme Maurice Papon, qui organisaient les arrestations
et le transport de familles entières, y compris les nouveaux-nés,
jusqu'à Auschwitz, via Drancy.

C'était aussi le chef de la police française, René Bousquet qui fut,
à la grande satisfaction des nazis allemands, le grand ordonnateur
de la "rafle du Vel'd'Hiv'".

Dès octobre 1940, et de sa propre initiative, le nouveau gouvernement
de Philippe Pétain avait mis en place une législation discriminatoire
limitant drastiquement l'accès des Juifs français à de nombreuses
professions, "Aryanisant" leurs entreprises, révisant éventuellement
leurs naturalisation et permettant aux préfets d'interner
dans des camps les étrangers et apatrides d'autres pays.

Un "Commisariat général aux questions juives" fut créé le 23 mars 1941,
sous la direction du député ultra-nationaliste Xavier Vallat, remplacé
en avril 1942 par l'antisémite fanatique Louis Darquier "de Pellepoix".

Parallèlement, les autorités allemandes prescrivaient, en Zone occupée,
le recensement des Juifs et utilisaient la législation de Vichy
pour faire main basse sur leurs biens.

En mai 1941, avec la collaboration de la police française,
ils procédaient aux premiers internements massifs de juifs
étrangers. A ce moment, 40000 d'entre-eux avait déjà
été internés par Vichy en Zone "libre".

A la suite de la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942,
sur la "Solution finale au problème juif", les premières
déportations vers le camp d'extermination d'Auschwitz
commencèrent en France en mai 1942.

Le 29 mai 1942, le port de l'étoile jaune est imposé aux Juifs
par le gouvernement de Vichy.

[Cf "29 mai 1942 - France: instauration du port obligatoire
de l'étoile jaune"]

Le 11 juin 1942, Heinrich immler fixe à 100000 le nombre de Juifs
à déporter de France vers les camps de la mort.

C'est dans le cadre de cette opération que 12884 hommes, femmes
et enfants furent arrêtés à Paris le 16 juillet à l'aube, enfermés
au Vélodrome d'Hiver [Vel'd'Hiv], puis à Drancy, et finalement
tous déportés à Auschwitz, d'où seulement 30 reviendront.

Laval, qui livre le maximum de Juifs étrangers dans l'espoir
de sauver quelques français, a chargé la police parisienne
d'opérer les arrestations.

Selon les sources allemandes, 76 convois de "déportés raciaux"
quittèrent la France à partir du 27 mars 1942.

Le dernier d'entre-eux quitta Paris le 31 juillet 1944.

Sur 75721 déportés, dont environ 10000 enfants et nouveaux-nés,
on comptait environ 47000 juifs étrangers et 23000 juifs français.

46967 d'entre-eux seront immédiatement conduit aux chambres
à gaz dès leur arrivée à Auschwitz. Sur les 28754 restants,
il n'y eut que 2190 survivants, dont 740 femmes.

http://en.wikipedia.org/wiki/Rafle_du_Vel%27_d%27Hiv
--
Jacqueline "Jade" Devereaux - http://jacqueline-devereaux.blogspot.com/
***@skynet.be [replace "antispam.cool" by "jacquie.devereaux"]
Mara Jade: http://www.bothan-online.com/Jade-Skywalker-Mara.html
http://www.anakinworld.com/personnage-mara-jade-skywalker.html
The Sarah Connor Chronicles: http://www.thesarahconnorchronicles.fr/
Archives de l'Alliance: http://www.archives-alliance.com/index.php
Battlestar Galactica: http://www.battlestargalactica-online.com/
Tant qu'il fera jour
2008-07-16 17:30:00 UTC
Permalink
Post by Mara Jade Skywalker
16-17 juillet 1942 - Raffles du Vel'd'Hiv -
France. A l'aube du 16 juillet 1942, début des raffles du "Vel'd'Hiv'".
9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.
Tous ? Dans des "camps de la mort". Et vous y croyez ?
Pauvre fille !
Post by Mara Jade Skywalker
En 1995, 53 ans après les faits, le président Jacques Chirac
reconnaissait officiellement la responsabilité de l'Etat français.
Ce jour là, il a cessé d'être une personne respectable.
Le gang Klarsfeld avait voté, et fait voter pour lui. Il
a renvoyé un peu plus de deux mois après l'ascenseur
à la Milice Zélote de la Mémouare. Et puis il a voulu
marcher sur les traces du calamiteux Richard von
Weizsecker (orthographe du patronyme incertaine)
Post by Mara Jade Skywalker
46967 d'entre-eux seront immédiatement conduit aux chambres
à gaz dès leur arrivée à Auschwitz.
Immédiatement ? Et vous y croyez ? Vraiment ?
Gérard Cojot
2008-07-17 09:18:20 UTC
Permalink
Post by Tant qu'il fera jour
Post by Mara Jade Skywalker
9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.
Tous ? Dans des "camps de la mort". Et vous y croyez ?
Pauvre fille !
95 % ne sont pas revenus.
Ils ont préféré prendre de longues vacances sur la mer Noire.
--
Amitiés, Gérard Cojot
'Bienheureux les fêlés, ils laisseront passer ma lumière'[M.Audiard]
http://perso.orange.fr/gerard.cojot/
Zulu
2008-07-17 13:10:23 UTC
Permalink
Post by Gérard Cojot
Post by Tant qu'il fera jour
Post by Mara Jade Skywalker
9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.
Tous ? Dans des "camps de la mort". Et vous y croyez ?
Pauvre fille !
95 % ne sont pas revenus.
Ils ont préféré prendre de longues vacances sur la mer Noire.
In 1940, la population juive était estimée à 360,000 en France,
dont 170,000 Juifs en zone occupée (150,000 en Région parisienne,
20,000 hors RP).

75 721 juifs furent déportés dont 60% de réfugiés étrangers (26,000
Polonais,
7,000 Allemands, 4,500 Russes, 3,300 Roumains, 2,500 Autrichiens,
1,500 Grecs, 1,200
Hongrois).

Sur ces 60% d'étrangers déportés vous croyez que les survivants
éventuels avaient des raisons de revenir en France?

L'affirmation *ceux qui ne sont pas revenus ont été gazés* est pour le
moins téméraire sans oublier que l'on attend toujours des preuves
formelles de l'existence de ces fameux *gazages industriels*.

D'autre part, il y a eu aussi une déportation non raciale vers les
camps nazis de 86.827 Français [10% de femmes] dont 40% ne sont pas
revenus.

http://www.crhq.cnrs.fr/axe1-sgm-deportation.html
http://www.fmd.asso.fr/web/index.php?id_contenu=52〈=lang1

On semble les avoir oubliés, eux, ainsi que les 67.178 morts de civils
sous les bombardements alliés[*] et les centaines de milliers de
soldats morts au combat.

Du moins, c'est l'impression que l'on a lorsque l'on évoque les
victimes de la SGM en France et surtout leurs poids respectifs dans
nos média.

Le *devoir de mémoire* ne devrait pas être unidirectionnel mais,
hélas, ce n'est pas ce que l'on constate.

[*] Je cite le fil de Mara Jade "1944 - La France sous les bombes"

"Les statistiques officieuses arrivèrent à un triste constat: durant
les
bombardements diurnes effectués par les 8ème, 9ème et 15ème US Air
Force, seuls 3 bombardiers sur 5 en moyenne "trouvaient" leur
objectif.
Pour les bombardements de nuit du RAF Bomber Command, 2 sur 5. Elles
évaluèrent à 67178 morts et 75660 blessés le nombre total des civils
français victimes des bombardements alliés. La presque totalité
d'entre-eux dans le premier semestre de 1944. "
Gérard Cojot
2008-07-17 15:41:31 UTC
Permalink
Post by Zulu
75 721 juifs furent déportés dont 60% de réfugiés étrangers (26,000
Polonais,
7,000 Allemands, 4,500 Russes, 3,300 Roumains, 2,500 Autrichiens,
1,500 Grecs, 1,200
Hongrois).
Sur ces 60% d'étrangers déportés vous croyez que les survivants
éventuels avaient des raisons de revenir en France?
Argument facile.
Mais où sont-ils restés ?
En Pologne ? Où ils ont eu droit à des pogroms entre autre à Kielce
jusqu'en 1946 ? (Moins de 3000 Juifs revenus en Pologne)
Il y a eu un peu moins de 78000 Juifs raflés en France, 95 % ne sont pas
revenus, les morts sans sépulture, c'est facile de dire qu'ils n'ont pas
existé, on les tue une deuxième fois.
--
Amitiés, Gérard Cojot
'Bienheureux les fêlés, ils laisseront passer ma lumière'[M.Audiard]
http://perso.orange.fr/gerard.cojot/
Gérard Cojot
2008-07-17 15:43:28 UTC
Permalink
Post by Zulu
L'affirmation *ceux qui ne sont pas revenus ont été gazés* est pour le
moins téméraire sans oublier que l'on attend toujours des preuves
formelles de l'existence de ces fameux *gazages industriels*.
D'autre part, il y a eu aussi une déportation non raciale vers les
camps nazis de 86.827 Français [10% de femmes] dont 40% ne sont pas
revenus.
Les camps d'extermination n'ont pas les même ratios de survie que les
camps de concentration.
5% contre 60.
--
Amitiés, Gérard Cojot
'Bienheureux les fêlés, ils laisseront passer ma lumière'[M.Audiard]
http://perso.orange.fr/gerard.cojot/
Zulu
2008-07-17 21:18:49 UTC
Permalink
Post by Gérard Cojot
Post by Zulu
L'affirmation *ceux qui ne sont pas revenus ont été gazés* est pour le
moins téméraire sans oublier que l'on attend toujours des preuves
formelles de l'existence de ces fameux *gazages industriels*.
D'autre part, il y a eu aussi une déportation non raciale vers les
camps nazis de 86.827 Français [10% de femmes] dont 40% ne sont pas
revenus.
Les camps d'extermination n'ont pas les même ratios de survie que les
camps de concentration.
5% contre 60.
--
Tiens donc !

Et, simple question, quels sont donc les équipements et installations
spécifiques qui différenciaient les *camps d'extermination* des camps
de concentration?

Soyons précis SVP.

Et puis, au vu de ces documents, qu'est-ce qui permet donc d'avancer
que les ratios de survie étaient *tellement différents* dans les camps
tels que Dachau, Buchenwald, Stutthof ou Flossenbuerg qu'à, disons,
Auschwitz-Birkenau?

http://www.mazal.org/archive/nmt/05/NMT05-T0381.htm

Ce document, par exemple, ne semble pas mettre en évidence les
anormalités criantes que vous avancez:

Death cases for the month of August 1943 (Birkenau est opérationnel
depuis mars 1943)

http://www.mazal.org/archive/nmt/05/NMT05-T0382.htm

Remarquons au passage que, dans ces documents nazis classés *SECRET*
ainsi que le suivant, Auschwitz n'a pas l'air de bénéficier d'un
statut particulier dans la liste des camps contrôlés par Himmler. Ils
mettaient tout dans le même panier, comme on dit...

http://www.mazal.org/archive/nmt/05/NMT05-T0383.htm

Les nazis ne faisaient-ils donc pas de différence en 1943-44 entre
leurs camps *d'extermination* et de *concentration* ???

Ah oui, pardon, c'était du *camouflage*...
Il devait donc y avoir, sans doute, des documents plus *secrets* que
d'autres... On les cherche.encore...

UBUjean-jacques viala
2008-07-17 17:19:13 UTC
Permalink
Post by Zulu
Post by Gérard Cojot
Post by Tant qu'il fera jour
Post by Mara Jade Skywalker
9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.
Tous ? Dans des "camps de la mort". Et vous y croyez ?
Pauvre fille !
95 % ne sont pas revenus.
Ils ont préféré prendre de longues vacances sur la mer Noire.
In 1940, la population juive était estimée à 360,000 en France,
dont 170,000 Juifs en zone occupée (150,000 en Région parisienne,
20,000 hors RP).
et plus de 200.000 au maghreb
(...)
--
UBU.

Chanter Bezons, voici l'épreuve.
Celine ;
ZULU
2008-07-16 23:14:28 UTC
Permalink
Post by Mara Jade Skywalker
16-17 juillet 1942 - Raffles du Vel'd'Hiv -
France. A l'aube du 16 juillet 1942, début des raffles du "Vel'd'Hiv'".
9000 policiers français, aidés par la Gendarmerie nationale, arrêtent
sur ordre du gouvernement de Vichy 13000 Juifs français et étrangers,
dont 4000 enfants, qui seront tous déportés dans les camps de la mort
nazis.
Seuls 30 d'entre-eux survivront aux camps de la mort nazis.
Dérisoirement surnommée par les Allemands opération "Vent printannier",
la grande rafle dite "du Vel'd'Hiv'", les 16 et 17 juillet 1942 à Paris,
fut l'épisode le plus tragique de la collaboration entre Vichy
et le Troisième Reich, et un des épisodes les plus sombres
de l'Histoire de France.
En 1995, 53 ans après les faits, le président Jacques Chirac
reconnaissait officiellement la responsabilité de l'Etat français.
Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale,
le plus haut représentant de la République prononçait un "nostra culpa"
dépourvu de toute ambiguïté: "Oui, la folie criminelle de l'occupant
a été secondée par des Français, secondée par l'Etat français.
"Oui, "la France, terre d'accueil, accomplissait ce jour l'irréparable.
Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux".
Et la France d'aujourd'hui, poursuivait le chef de l'Etat, conserve
à l'égard des déportés juifs "une dette imprescriptible".
Les propos de Jacques Chirac survenaient moins d'un an après que
le précédent président, François Mitterrand, eut brutalement rejeté
toute idée de reconnaissance des responsabilités de l'Etat français
entre 1940 et 1944 dans la machine à discriminer, à persécuter
et à éliminer les Juifs français: "Je ne ferai pas d'excuses
au nom de la France. La République n'a rien à voir avec cela."
Et pourtant, c'était bien un gouvernement français, investi par
un Parlement français, qui décréta des lois françaises antijuives
en France. C'était bien des préfets français, ou des secrétaires
généraux de préfecture français, responsables des questions juives
en France, comme Maurice Papon, qui organisaient les arrestations
et le transport de familles entières, y compris les nouveaux-nés,
jusqu'à Auschwitz, via Drancy.
C'était aussi le chef de la police française, René Bousquet qui fut,
à la grande satisfaction des nazis allemands, le grand ordonnateur
de la "rafle du Vel'd'Hiv'".
Dès octobre 1940, et de sa propre initiative, le nouveau gouvernement
de Philippe Pétain avait mis en place une législation discriminatoire
limitant drastiquement l'accès des Juifs français à de nombreuses
professions, "Aryanisant" leurs entreprises, révisant éventuellement
leurs naturalisation et permettant aux préfets d'interner
dans des camps les étrangers et apatrides d'autres pays.
Un "Commisariat général aux questions juives" fut créé le 23 mars 1941,
sous la direction du député ultra-nationaliste Xavier Vallat, remplacé
en avril 1942 par l'antisémite fanatique Louis Darquier "de Pellepoix".
Parallèlement, les autorités allemandes prescrivaient, en Zone occupée,
le recensement des Juifs et utilisaient la législation de Vichy
pour faire main basse sur leurs biens.
En mai 1941, avec la collaboration de la police française,
ils procédaient aux premiers internements massifs de juifs
étrangers. A ce moment, 40000 d'entre-eux avait déjà
été internés par Vichy en Zone "libre".
A la suite de la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942,
sur la "Solution finale au problème juif", les premières
déportations vers le camp d'extermination d'Auschwitz
commencèrent en France en mai 1942.
Le 29 mai 1942, le port de l'étoile jaune est imposé aux Juifs
par le gouvernement de Vichy.
[Cf "29 mai 1942 - France: instauration du port obligatoire
de l'étoile jaune"]
Le 11 juin 1942, Heinrich immler fixe à 100000 le nombre de Juifs
à déporter de France vers les camps de la mort.
C'est dans le cadre de cette opération que 12884 hommes, femmes
et enfants furent arrêtés à Paris le 16 juillet à l'aube, enfermés
au Vélodrome d'Hiver [Vel'd'Hiv], puis à Drancy, et finalement
tous déportés à Auschwitz, d'où seulement 30 reviendront.
Laval, qui livre le maximum de Juifs étrangers dans l'espoir
de sauver quelques français, a chargé la police parisienne
d'opérer les arrestations.
Selon les sources allemandes, 76 convois de "déportés raciaux"
quittèrent la France à partir du 27 mars 1942.
Le dernier d'entre-eux quitta Paris le 31 juillet 1944.
Sur 75721 déportés, dont environ 10000 enfants et nouveaux-nés,
on comptait environ 47000 juifs étrangers et 23000 juifs français.
46967 d'entre-eux seront immédiatement conduit aux chambres
à gaz dès leur arrivée à Auschwitz. Sur les 28754 restants,
il n'y eut que 2190 survivants, dont 740 femmes.
http://en.wikipedia.org/wiki/Rafle_du_Vel%27_d%27Hiv
A ne pas oublier, des faits un peu moins connus

André Baur, vice-président de l'U.G.I.F.
La tragédie de la collaboration de juifs avec le fascisme

Pétain crée l'U.G.I.F.
LOI DU 29 NOVEMBRE 1941 (JO DU 2-12-1941) instituant une Union générale des Israélites de
France

Nous Maréchal de France, Chef de l'Etat français le Conseil des ministres entendu décrétons :

....


Des notables juifs nommés par Pétain
Le 9 janvier 1942, le décret nommant les membres du Conseil d'administration de l'UGIF
paraît au Journal officiel de l'Etat français. Ceux qui avaient eu des scrupules à
accepter sans discussion avaient été remplacés. Cela pour la zone sud car en zone nord les
hommes étaient plus sûrs : la plupart d'entre eux venant du Comité de coordination des
Oeuvres de bienfaisance du Grand-Paris où ils avaient déjà fait leurs preuves. Il
s'agissait de MM. André Baur, Georges Edinger, Fernand Musnik, Benjamin Weill-Hallé,
Marcel Stora, qui seront rejoint par Mmes Juliette Stern et Lucienne Scheid-Haas, Alfred
Morali et Albert Weill.

Maurice Rajsfus, Des Juifs dans la collaboration, L'U.G.I.F. 1941-1944,
Préface de Pierre Vidal-Naquet, EDI, 1980

L'UGIF et les enfants

Dans les archives de l'UGIF, les documents concernant les enfants sont assez rares, on y
trouve surtout de sordides renseignements administratifs. Malgré tout, quelques notes de
service sont assez significatives

" Avis important

Nous constituons à l'Union générale des Israélites de France, un fichier central de tous
les enfants juifs dont les parents ont été arrêtés ces jours-ci. Si ces enfants ont été
recueillis par un organisme privé ou par des familles particulières et que vous en ayez
connaissance, nous vous prions de bien vouloir les signaler immédiatement car il est déjà
porté à notre connaissance que quelques enfants se sont trouvés égarés. Tout le service
social fonctionne en permanence continuelle et, à cet effet, nous vous prions de bien
vouloir établir avec nos services une liaison régulière... "
(CDJC- XLVII, 27)
Cette information d'apparence anodine publiée dans le Bulletin de l'UGIF du 24 juillet
1942 (soit une semaine après la grande rafle des 16 et 17 juillet) est lourde de menaces
car elle préfigure le rassemblement de ces " enfants égarés ", dans des maisons où ils
seront surveillés de près et où les nazis pourront venir les rafler facilement. Ce
communiqué sera répété durant plusieurs semaines dans le Bulletin de l'UGIF.
La presse de la résistance juive dénonce l'UGIF
Extrait de Notre voix (zone sud). Organe du Rassemblement des Juifs contre le fascisme
oppresseur.

Numéro du 15 février 1943.

REDOUBLONS D'EFFORTS POUR LES PETITS ENFANTS JUIFS TRAQUÉS

" ... Chaque jour nous apporte de nouvelles preuves de sympathie et de solidarité envers
les petits malheureux que l'action des femmes parisiennes a sauvés de la déportation et de
la mort. Outre les sommes importantes collectées à Nice, ces jours derniers, 25 familles
françaises s'offrent à prendre chacune un enfant juif. Marseille, Nice, Grenoble suivent
leur exemple. Voilà les beaux exemples de solidarité française et voilà la honte de
l'Union générale des Israélites de France qui a livré 100 enfants aux agents de la Gestapo
pour les assassiner. Leur crime sera impitoyablement châtié. Redoublons d'effort pour les
petits enfants juifs traqués. Collectons l'argent et les vêtements pour eux. Trouvons-leur
des marraines qui remplaceront la maman perdue. Faisons tout pour que le sourire
reparaisse sur leur visage attristé... "

Cité dans La Presse antiraciste sous l'occupation , 1950.
Extrait de Notre voix. Organe du Rassemblement des Juifs contre le fascisme oppresseur.

Numéro du ler juin 1943.

L'UGIF, FILIALE DE LA GESTAPO

" A Lyon, un Juif a demandé un secours à l'UGIF or on a exigé qu'il présente sa carte
d'identité. Comme elle ne portait pas le tampon " juif ", l'UGIF refusa le secours. A
Marseille, la Gestapo a exigé de l'UGIF la liste des Juifs assistés. Cette organisation a
répondu qu'il n'y avait pas de liste mais que les personnes qu'elle aide allaient se
présenter tel jour. Et quand les malheureux arrivèrent, la Gestapo était là pour les
déporter. Nous avions déjà mis en garde contre les traîtres de l'UGIF quand ils avaient, à
Paris, livré des enfants aux Boches. Les faits rapportés plus haut indiquent à tous les
Juifs qu'ils doivent considérer l'UGIF comme une filiale de la Gestapo. Les traîtres
seront démasqués. Leur châtiment se prépare. "
Cité dans La Presse antiraciste sous l'occupation , 1950.
Extrait de Notre voix. Organe du Rassemblement des Juifs contre le fascisme oppresseur.

Numéro du 20 juin 1943.

PAS UN SOU POUR LES TRAITRES DE L'UGIF!

" L'entreprise de mouchardage et de spoliation créée par la Gestapo a besoin d'argent et,
comble d'audace, elle impose une contribution à ses victimes dont les contributions
volontaires sont insuffisantes et pour cause. L'UGIF ne se contente plus de la part que
les Boches lui versent sur les spoliations qu'ils réalisent. Il lui faut davantage. Et
cela soi-disant pour secourir les Juifs déshérités. D'abord, les Juifs n'auraient pas
besoin de ces prétendus secours si on ne leur avait pas volé leurs biens et si on les
laissait travailler librement. Et d'autre part, chacun sait comment l'UGIF secourt les
malheureux. Comme à Paris où elle livre à la Gestapo, pour être déportés, les enfants qui
lui avaient été confiés ; à Marseille, où les Juifs qui se présentent pour toucher un
secours sont aussitôt embarqués par la Gestapo prévenue par cette organisation de traîtres
; à Lyon, où l'UGIF exige que la carte d'identité porte la mention " juif ". La
solidarité, les Juifs la pratiquent mais entre eux, à l'exclusion des traîtres qui veulent
une fois de plus mériter le salaire que leur alloue leurs maîtres de Vichy et de Berlin en
organisant un nouveau recensement des Juifs. Car c'est à cela que tend également la
nouvelle contribution. En dehors des sommes qu'elle rapporterait elle permettrait aussi de
connaître les nouvelles résidences et de mieux livrer les Juifs à leurs bourreaux.
BOYCOTTONS CE NOUVEAU RECENSEMENT DEGUISE. PAS UN SOU POUR L'UGIF... "


http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/Baur.htm
Continuer la lecture sur narkive:
Loading...